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CLILLAC-ARP

Désir de traduire et légitimité du traducteur

Quatrième journée de la traductologie de plein champ

La traduction est une profession, nourrie de paramètres rationnels et objectivables. Mais elle procède aussi (et peut-être plus qu’on ne l’imagine à première vue) d’un état d’esprit, d’un rapport au monde, à la diversité, au texte. Envie, quête, urgence : on traduit parfois parce qu’on a le sentiment que c’est nécessaire, pour nous ou pour autrui. Cet état mental, qui s’accompagne parfois d’une hypersensibilité à la critique, n’est pas l’apanage des traducteurs littéraires : nous le démontrerons, tout comme nous nous interrogerons sur les raisons et les paramètres du désir de traduire dans l’ensemble du champ traductionnel. Plus important, encore, ce fantasme n’est pas circonscrit aux traducteurs professionnels. Il s’observe tout simplement et très largement chez ceux qui aiment et veulent partager ou faire connaître leur passion, avec parfois l’amateurisme des amateurs. L’espace de la traduction peut s’en trouver décentré par rapport à l’espace des traducteurs, dans une dynamique de retour à l’âge préprofessionnel : celui où nul n’avait la moindre vergogne à s’afficher auteur de traductions. Ce mouvement est favorisé par les évolutions de la technique et de la société. D’une part, des outils (traduction automatique, ressources terminologiques, logiciels d’aide de toute nature…) naguère réservés aux professionnels sont aujourd’hui accessibles à tous et gratuitement. D’autre part, la culture de la gratuité, justement, tend à redéfinir le concept de propriété qui, de plus en plus, apparaît moins comme un moyen de restreindre l’accès à un bien que d’en permettre la mise à disposition à tous. Ces problématiques posent d’une façon nouvelle la question de la légitimité des traducteurs et des formations à la traduction : qui peut à bon droit s’intituler traducteur ? Une fois de plus, l’évolution de la réalité nous amène à redéfinir notre utilité professionnelle.

Désir de traduire et légitimité du traducteur, donc. Ce sont ces questions que nous explorerons lors de la quatrième Journée de la traductologie de plein champ, à travers huit communications et une table-ronde. Fidèles à nos principes fondateurs, nous le ferons dans un espace réunissant enseignants, chercheurs, étudiants et praticiens des métiers de la traduction, avec l’ambition réaffirmée d’être à la fois savants, compréhensibles et utiles, en mettant l’accent sur les exemples, le débat et la mise en perspective. Nos travaux, cette année, auront lieu le 18 juin 2011, et seront co-organisés par le master professionnel ILTS (Industrie de la langue et traduction spécialisée, Université Paris Diderot) et l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs, Université de la Sorbonne Nouvelle), qui les accueillera dans ses locaux du Centre universitaire Dauphine, à Paris. Ils feront ensuite l’objet d’une publication élargie dans une revue de traductologie.

Rendez-vous, donc, le samedi 18 juin au Centre universitaire Dauphine (le programme détaillé est disponible à cette adresse : desir_de_traduire_et_legitimite_du_traducteur_programme.pdf. La participation à nos travaux est gratuite, mais nous vous serions reconnaissants de nous informer de votre présence (voir adresses sur le programme).

CLILLAC-ARP

Organisateurs : Nicolas Frœliger, MCF en traductologie, UFR EILA et Colette Laplace (ESIT), sur une idée initiale de Richard Ryan (Clermont-Ferrand)

recherche/conf/ciel/traductologie-plein-champ/4eme_edition.txt · Dernière modification: 2011/05/16 10:48 par Nicolas Froeliger